En savoir plus sur l’équipe, les valeurs, les convictions, les rencontres, les interactions qui soutiennent ViceVersa HABITAT
L’équipe

Julie Bonhomme est aujourd’hui enseignante,… +
Julie a travaillé comme ergothérapeute durant 20 ans en réadaptation gériatrique à Bruxelles. Elle partage désormais son expérience avec des adultes, futurs soignants et professionnels de la santé. Depuis plus de 10 ans, elle rêve de créer à Bruxelles un habitat inspiré de la maison Carpe Diem. Elle s’est progressivement rapprochée de cet objectif en se nourrissant de rencontres et de formations dans le domaine du vieillissement cognitif. Formée comme Praticienne en Validation (Naomi Feil – Rapsody) et comme personne de référence pour la démence (Le Bien Vieillir), elle est également formatrice au sein de cette asbl dont les valeurs fondatrices résonnent pleinement pour elle : défendre une vision positive et réaliste de l’avancée en âge et soutenir un accompagnement bienveillant des personnes âgées.

Cristina Marchi est historienne de l’architecture… +
Elle fouille les archives, observe les traces du passé, cherche des indices pour reconstituer l’histoire des bâtiments et de leurs occupants. Elle a depuis toujours le «goût» des anciens. Leur compagnie et la complicité qui se crée avec elles la rendent étrangement vivante. Son penchant naturel l’a amenée ces dernières années à animer des ateliers de chant dans le cadre du projet social du Théâtre Royal de La Monnaie, Un pont entre deux mondes. Touchée à titre personnel par la question de la fragilité cognitive, elle a décidé de s’outiller et de participer au changement de regard porté sur les personnes vivant dans d’autres réalités.

Cesar Meuris est Docteur en Histoire et Philosophie des Sciences et bioéthicien…+
Il a rédigé une thèse sur la question de la capacité d’autonomie des personnes atteintes d’une maladie neuro-dégénérative de type Alzheimer. Son parcours professionnel l’a notamment amené à travailler au Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin à Paris. Il est aujourd’hui responsable du centre de recherche et de formation continue Ressort-HERS spécialisé dans les questions en lien avec la santé, l’éthique et le vieillissement, et est coordinateur de recherche pour la Haute École Robert Schuman. Par ailleurs, dans le cadre privé, il a également accompagné deux proches vivant avec des fragilités cognitives.

Nathalie Parmentier est ergothérapeute et a pratiqué…+
sa profession principalement dans l’accompagnement des personnes âgées à différents moments de leur parcours lié au vieillissement. Elle a travaillé dans différents projets tant à Bruxelles qu’à l’étranger. Aujourd’hui, elle est coordinatrice de la Maison Biloba Huis et de son centre d’accueil de jour à Schaerbeek, qui s’inscrit dans les projets innovants pour le public senior bruxellois. Idéaliste et engagée, elle constate qu’il manque d’initiatives adaptées aux personnes âgées dont les fragilités cognitives déséquilibrent le quotidien.

Chantal Dehon est infirmière de formation et développe…
depuis plus de 30 ans la gestion d’équipes et de projets dans le secteur santé. Elle est ex-directrice de MRS et a créé Cosy Story© outil ludique de partage d’histoire de vie et de création de projet de vie avec les aînés. Elle concentre aujourd’hui ses activités sur l’évolution des différents lieux de vie des aînés, tant comme coach Tubbe ou dans l’accompagnement d’équipes et managers en maisons de repos, services à domicile, habitats groupés, que comme chargée de mission à ViceVersa HABITAT.
Le cœur du projet : des valeurs humanistes partagées
La maison ViceVersa, chaleureuse et solidaire, permet aux habitants de vivre « avec Alzheimer » tout en étant entourés et libres. L’accompagnement des habitants s’ancre dans la vie quotidienne, pour donner l’occasion aux habitants de vivre le plus normalement possible, tout en maintenant leurs habitudes, en préservant leur indépendance, en s’appuyant sur leurs ressources et leurs capacités. Cette approche relationnelle novatrice contribue à atténuer les difficultés liées à la fragilité cognitive, à réduire la médication, à ralentir l’évolution des besoins en soins et à rassurer les proches. L’accent est mis sur les talents, les passions, les projets et les choix de chacun pour conserver le plus longtemps possible sa qualité de vie. Avec, si nécessaire, l’intervention de soins adaptés et personnalisés, en toute discrétion.
Au quotidien, cette approche implique une série de principes et valeurs clés pour lesquels chaque mot compte.
La participation
Chaque habitant de la maison ViceVersa est invité à participer aux activités de la vie quotidienne – qu’il s’agisse des soins personnels, d’une activité de loisir ou d’un service à la collectivité –, dans la mesure de ses capacités et de ses envies, de manière à soutenir son indépendance, son autonomie et l’estime de soi. Comme dans la vie ordinaire, tout ne doit pas être « parfait », mais bien « fait par». Ce qui compte, au final, ce n’est pas le résultat des activités, mais que la personne puisse éprouver la satisfaction de l’avoir réalisée elle-même.
De la même manière, chaque habitant – et accompagnant – prend part aux décisions collectives qui concernent tant l’organisation générale que le vivre ensemble au sein de la maison. Chaque habitant est considéré de manière inconditionnelle comme un partenaire capable de participer aux choix qui le concernent. Il n’y a pas d’horaire strict pour le coucher, le lever ou le petit déjeuner. Les deux autres repas sont pris ensemble, avec une certaine souplesse pour que les rythmes individuels soient respectés. La priorité est donc donnée à la relation humaine, à l’écoute des personnes et à la compréhension de leurs besoins spécifiques.
La liberté, la sécurité et le droit aux risques
Dans la maison ViceVersa, la liberté est au moins aussi importante que la sécurité : l’équilibre entre la gestion des risques et le bien-être est au coeur de cette approche spécifique.
La liberté, la sécurité et le droit aux risques
Dans la maison ViceVersa, la liberté est au moins aussi importante que la sécurité : l’équilibre entre la gestion des risques et le bien-être est au coeur de cette approche spécifique.
Le droit au risque fait partie de la vie et il n’est pas question d’empêcher les habitants d’être libres de leurs mouvements. Il s’agit également de permettre la libre circulation de chacun à l’intérieur et à l’extérieur de la maison, sans pour autant négliger la sécurité. Anticiper les situations « à risque » permet bien souvent d’alléger considérablement les contraintes liées à certaines mesures de sécurité et, dès lors, de ne pas « sacrifier la vie aux règles ».
Les prises de risques sont mesurées et assumées collectivement, en concertation avec les habitants, leurs proches et l’équipe d’accompagnants.
L’accompagnement quotidien repose également sur une connaissance pointue de la maladie et sur la compréhension des comportements qui peuvent en découler. Il fait l’objet d’une réflexion continue en vue de proposer une réponse et un soutien adaptés à chaque situation singulière. C’est l’accompagnement qui s’ajuste à la personne et à ses besoins, et non l’inverse.
La médication n’est pas utilisée comme un moyen de contrôle des comportements et ne peut remplacer les relations humaines. Ce qui est appelé communément « trouble du comportement» étant en fait souvent l’expression d’un besoin non satisfait, c’est aux accompagnants de décoder le message et de trouver les voies d’accès à l’univers particulier de chaque habitant, sans chercher systématiquement à le « ramener à la réalité ».
L’indépendance et l’autonomie
Parce que tout ce qui ne s’entretient pas se perd, l’accompagnement ViceVersa permet à la personne de continuer à réaliser seule tout ce qu’elle est encore capable de faire, et de lui apporter uniquement l’aide indispensable.
La personne est considérée bien au-delà de sa maladie : elle reste maîtresse de sa vie et est encouragée à faire des choix et à participer aux décisions qui la concernent.
L’intégration sociale
Les occasions de rencontres, d’échanges et d’entraide avec les proches et le quartier sont privilégiées et font de cette maison un lieu intégré à la vie de la cité. Nourri par le souhait que ce soit l’environnement qui s’adapte à la personne, et non l’inverse, ViceVersa HABITAT favorise la création d’un réseau de proximité bienveillant, impliquant les commerçants, les voisins, les écoles et les associations.
La présence d’un animal de compagnie est naturellement bienvenue.
Pour favoriser le décloisonnement qui s’érige trop souvent entre le monde des personnes en «bonne santé» et celui des « personnes fragilisées », les habitants de la maison ViceVersa développeront à moyen terme d’autres projets, comme un potager participatif, des ateliers ou un espace de travail, accessibles aux proches et au voisinage.
Convictions
La maison ViceVersa : un chaînon manquant adapté à un public particulier
Depuis quelques années, l’éventail des possibilités d’habitats pour personnes âgées s’élargit de plus en plus –Abbeyfield, Kangourou, intergénérationnel, Un toit 2 âges, Résidence Service Sociale … –, répondant ainsi à une demande croissante d’alternatives aux maisons de repos traditionnelles. Cependant, rares sont les lieux de vie accessibles lorsqu’une maladie neuro évolutives (Alzheimer et apparentées) survient dans la vie de la personne âgée. Or, le nombre de personnes âgées vivant avec une fragilité cognitive s’accroît d’année en année. Actuellement, c’est le cas d’environ 5 à 8% des personnes de plus de 65 ans et 20 % au-delà de 85 ans. Mais ces chiffres sont amenés à doubler tous les 20 ans. Rien qu’en Belgique, on parle de 200 000 personnes concernées.
Aujourd’hui, une personne âgée vivant avec de telles fragilités voit ses choix restreints à deux possibilités :
> continuer à vivre chez elle, accompagnée par des aides professionnelles de plus en plus présentes et donc très variées, mais aussi coûteuses, et, parfois, par un aidant proche qui s’épuise petit à petit ;
> s’orienter vers une maison de repos, une étape qui arrive parfois trop tôt dans le parcours de la personne et l’amène, à terme, à entrer dans un service adapté, le plus souvent fermé.
Lorsqu’une personne vivant avec des fragilités cognitives ne peut absolument plus rester à domicile, elle n’a donc actuellement pas d’autre option dans son parcours que de se tourner vers une maison de repos, un modèle qui vient essentiellement pallier la dépendance physique des personnes qui y résident.
Or, le problème premier du public concerné par notre projet n’est pas la dépendance physique –bon nombre de ces personnes se portent très bien sur ce plan-là –, mais bien les difficultés engendrées par les fragilités cognitives.
Un accompagnement plutôt que des soins
À ce jour, la pharmacologie permet uniquement de réduire certains symptômes liés à ces maladies, là où d’autres approches non médicamenteuses, dites relationnelles, ont déjà démontré leur efficacité.
On sait aujourd’hui que le maintien du cours ordinaire de la vie dans un environnement privilégiant le respect des habitudes des personnes vivant avec des fragilités cognitives est crucial. Pour préserver le plus longtemps possible leurs capacités d’autonomie et continuer à être actrices de leur vie, ces personnes ont donc besoin avant tout d’un contexte relationnel soutenant et favorable, qui leur permette d’implémenter ce qui donne du sens à leur vie, sans être mises à l’écart du monde. Elles ont besoin non pas de soins, au sens médical, mais d’un soutien calibré, continu et discret, leur permettant de préserver les capacités qui peuvent l’être, et ne venant se substituer à la personne qu’en cas de réelle nécessité.
En leur proposant le type d’accompagnement dont elles ont besoin, ces personnes déclinent moins rapidement physiquement car elles continuent à mobiliser leurs capacités physiques en s’investissant dans leur vie quotidienne.
Cet accompagnement, essentiellement basé sur la qualité relationnelle du personnel, permet ainsi à moyen terme de limiter la médication, de réduire l’utilisation de mesures de contrainte et de contention, tout en diminuant le degré de dépendance physique des personnes accompagnées. Cela permet dès lors de réduire les coûts liés à leur accompagnement et de réserver prioritairement le personnel formé aux soins, que l’on sait en pénurie, à l’accompagnement des personnes en grande dépendance, nécessitant une assistance médicale et une aide plus importante dans les activités de la vie journalière.
Un changement de regard indispensable
Pour que les fragilités cognitives en lien avec ce type de pathologies ne constituent plus un obstacle pour poursuivre une vie de qualité intégrée dans la société, il est donc urgent de changer le regard porté sur ces maladies et sur les personnes qui les vivent, afin de concevoir, pour et avec elles, des alternatives de lieux de vie mieux adaptées et plus inclusives afin de préserver leur autonomie et leur sérénité.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet ViceVersa HABITAT qui entend combler un vide dans le paysage bruxellois des habitats alternatifs destinés à l’accompagnement des personnes âgées : créer à Bruxelles un premier habitat partagé pour les personnes de plus de 65 ans vivant avec une fragilité cognitive. Un projet-pilote donc qui démarre sous les meilleurs auspices.
Rencontres, ressources, réseau autour de ViceVersa HABITAT
Projets d’habitats alternatifs
En Belgique : Abbeyfield, François Verhulst, Laurence Vandepaer, Jef Van Osta ; Andromède Zoé UCEDO LANDU ; Griottes J-J Delens ; Cabasa Alice Berger, Françoise Van Enst, Catherine Vander Heyden, Julie Satinet ; CSD, Stéphane Heymans, Sophie Deleuze, Morgane Degand ; Maison BilobaHuis, Nathalie Parmentier ; Maisons Partagées Nouveau Chapitre, Catherine Hanoteau, Valentine Charlot ; Pass-âges (Calico), Étienne De Leeuw, Isabelle Verbiest, Marc Bouteiller ; Huis Perrekes, Carla Molenberghs. À l’étranger : Carpe Diem, Nicole Poirier ; Domiciles Partagés du Morbihan, Morgane LOIL, chargée de projet Habitat Inclusif ; Maison du Thill, Barbara Bringuier, Les Petits Frères des Pauvres.
Secteur des aides, soins, accueil et hébergement des aînés
Alzheimer Belgique, Marie Bourcy, Anouk Dufour ; À vos côtés 1030, Pascale Van den Bril, assistante sociale et directrice de l’ASBL ; Bras Dessus Bras Dessous, Céline Rémy ; Centre de soins de jour, 3è Millénaire-ACIS groupe, Cathy Vandenbosch ; Centre de soins de jour Sainte-Monique, Lorraine Léonard ; CPAS d’Ixelles – secteur des aînés – chargée de projet Fonds Clauwaert, Agathe Moreau ; De Wingerd, maison de repos et de soins, Jan Vanwezer ; Infor-Homes, Amandine Kodeck, Sabine François ; Maison Vésale, Raphaël Kremer, Thierry Timmermans et collègues ; Senior Montessori, Damien Bernard ; Soins chez soi, Catherine Ballant ; GIBBIS fédération des MRS en asbl à BXL, Kelly Mertens ; Stéphane Heymans pour une collaboration avec la CSD ; Brieuc Laurent de Gammes ; Marine Salou de SAM réseau des aidants ; Fonds Generet, Anneleen De Bonte, Pierre-Paul De Schrevel, Bénédicte Gombault ; Mutualités, Bram Fret, Laura D’Ascoli, Ethel Vandiest, Amandine Prade ; ASD, Caroline CRASSET. Centre de soins de jour du CPAS 1200, Sophie Dechevres.
Accompagnateurs et soutien de projet
Coopcity, Michel Van den Borne ; Credal, Rachel Imhauser, accompagnatrice de projet ; Habitat et Participation asbl, Laurence Braet, Clémence Conreur, Thomas Brumby, Audrey Renier. Responsable de l’unité de recherche UPsySen (Unité de Psychologie de la Sénescence), Stéphane Adam.
Immobilier
Renovassistance, Bernard Cassiers, Pierre Thomas, Denis Grimbergs ; FRB, Bénédicte Gombault et Anneleen De Bonte ; CPAS 1170, David Leisterh, bourgmestre, Pierre Pardon, secrétaire général ; CLTB, Anne-Laure Wibrin ; Fairestate J-J Delens ; Les Petits Riens Mr Velge ; Habitat et humanisme Mr de Beauvoir ; Mme Querton-Lhoist ; 1160 Bourgmestre Sophie De Vos ; bureau d’avocats Carnoy ; SoHoNet ; Matthieu de Posch, Ceperive.
Juridique et/ou financier
Université Saint-Louis – Bruxelles, Nicolas Bernard, Professeur de droit ; Innoviris PYSI, Mathilde Stockart ; FRB compte projet. Financité, Justine Smeets ; Solidarimmo, Apolline Baudoux et Mpela Biembongo ; Soutien financier, Sylvie Graeffe-Piessevaux, administratrice de Pass-âges.
